Présentation du livre "Outreau d'hier à aujourd'hui"

Outreau était originellement plus étendu qu’aujourd’hui puisqu’il englobait, outre les limites géographiques actuelles de la commune, les hameaux du Portel et d’Equihen ainsi que le quartier de Capécure. Situé sur la rive gauche de la Liane, Outreau a été peuplé dès le Paléolithique comme le prouvent la découverte de pointes et flèches ou la présence d’une tombe au chemin de Berquen (la tombe Fourdaine : 2500-2000 avant J.C).
L’activité quotidienne du bourg médiéval (Walbodeghem) s’est développée autour de l’église Saint-Wandrille où les reliques du patron des moines bénédictins de Fontenelle ont été amenées en 858. Par la suite, la commune a pris le nom de Oultreau (d’après le latin Ultra aquam : « au-delà de l’eau »). Lors du siège de Boulogne (1544-1550), plusieurs forts ont été érigés afin de délivrer la ville des Anglais : fort Mont Plaisir, fort de Châtillon…
Au début du XVIIIe siècle, Outreau est un gros bourg rural et maritime couvert de manoirs et fermes tels que la ferme du Renard, le manoir de Battinghen ou la ferme de la Salle. Davault de Tihen a été le premier maire de la commune (1790-1791).
Outreau connaît une grosse activité militaire avec l’implantation de la Grande Armée de Napoléon à Boulogne-sur-mer. De l’été 1803 à septembre 1805, environ 10 000 soldats sont cantonnés à Outreau (le camp de Gauche). Ayant projeté de débarquer en Angleterre, Napoléon avait fait installer de multiples batteries d’artillerie et construire des forts (fort de l’Heurt, fort du Petit moulin…) : la Côte d’Opale s’était transformée en « Côte de fer ».
 
EDUCATION, RELIGION ET CULTURE (1725-1856)
Sous l’Ancien Régime, Outreau ne compte qu’une seule école, située dans le bourg central. Elle accueille les enfants de Manihen, Capécure, Equihen et Le Portel. Le poids de l’Eglise est prépondérant puisque les autorités eclésiastiques interviennent dans la nomination du maître d’école et dans l’enseignement dispensé.
La Révolution de 1789 marque une rupture : la vague « anticléricale » se traduit à Outreau par la transformation du presbytère en magasin d’abondance et par la fonte de l’une des cloches de l’église Saint-Wandrille (métal utilisé pour la fabrication d’un canon). L’école du bourg central est également fermée.
Il faut attendre le concordat de 1801 et Napoléon pour que l’Eglise retrouve son rang : l’école du bourg central rouvre ses portes et une autre école est créée dans le hameau maritime de Le Portel. En 1833, la loi Guizot instaure la liberté d’enseignement dans l’instruction primaire, entraînant ainsi une diversification de l’enseignement (privé ou public). En 1856, Outreau compte six écoles : trois au Portel, deux dans le bourg central et une à Equihen.


LA PERTE DE CAPECURE ET LE PORTEL (1835 ; 1856)
En 1830, Outreau a une superficie de 795 hectares. Les hameaux du Portel et d’Equihen s’opposent en de nombreux points au bourg central : de par leur économie (tournée vers la pêche), de par leur pratique religieuse, leur comportement démographique…
Quant au quartier de Capécure, son économie est dynamique grâce à sa proximité immédiate avec Boulogne-sur-mer. On y trouve des commerces, des chantiers de construction qui génèrent une importante source de revenus pour Outreau grâce à l’octroi. En février 1835, après de multiples tentatives, Boulogne acquit Capécure.
Pour Le Portel, l’indépendance du hameau a été l’objet d’âpres discussions et de batailles de procédure. Malgré l’ouverture d’une école dès la fin du XVIIIe siècle et la consécration d’une église en 1837, les Portelois font toujours preuve d’une farouche volonté d’être séparés d’Outreau. Ils utilisent de multiples arguments en ce sens : la prospérité de leur hameau, les nombreuses différences de comportement entre les deux communautés, etc. Finalement, à l’issue d’enquêtes préfectorales et de multiples pétitions, les 2 500 Portelois obtiennent gain de cause en juin 1856.
L’ESSOR INDUSTRIEL (1854-1939)

En 1854, des gisements de minerai de fer sont découverts sur le plateau d’Equihen. Dès 1858, la première usine est implantée à Manihen (Société des Forges et Fonderies de Montataire). Les débuts sont difficiles : fermetures, rachats, crise économique… Il faut attendre 1902 et la naissance des Aciéries de Paris-Outreau pour que la sidérurgie retrouve son dynamisme. A la veille de la Grande Guerre, quatre hauts-fourneaux tournent à plein régime à Outreau. Ils emploient 800 ouvriers.

Avec le développement du chemin de fer, d’autres industries s’installent à Outreau : la Société des ciments français en 1856 et la Société anonyme des Phosphates (future Société Générale de Fonderie) en 1873. Cette dernière a été fondée par Jules César Lonquéty qui possédait une maison de maître sur la place du bourg.
Pendant la Première Guerre mondiale, ces industries vont participer à l’effort de guerre. Les APO produisent ainsi des obus et des plaques de blindage. Les troupes britanniques sont cantonnées à la Verte Voie et à l’Ave Maria tandis que des pièces anti-aériennes sont mises en batterie au Mont Soleil. Des bons d’alimentation sont distribués aux Outrelois et les caves se transforment en abris. Une Commission municipale est créée afin de venir en aide aux familles des mobilisés ainsi qu’aux réfugiés du Nord de la France et de Belgique.
Sur le plan démographique, Outreau est passé de 1 000 habitants en 1857 à 6 700 habitants en 1927. La présence d’usines dans la commune a permis le développement d’une classe ouvrière dont les syndicalistes Ernest Desclève et Maurice Gournay sont les portes parole durant l’entre-deux-guerres.
La municipalité multiplie les actions en faveur de cette classe ouvrière : gratuité des fournitures scolaires en 1928, ouverture d’une bibliothèque communale en 1931, création de bains douches en 1932. De même, l’accès au sport se démocratise avec l’Amicale Paul Bert (1929) et la société de gymnastique « La Fraternelle » (1931). Des quartiers d’Outreau sont exclusivement composés d’ouvriers : la rue des Hauts-Fourneaux concentre de nombreux métallos des APO, la rue Siabas est habitée par les cheminots…
En 1936, le Front Populaire trouve un écho favorable dans la cité : les ouvriers des APO et des Produits Réfractaires entrent en grève. C’est à cette époque qu’apparaît un jeune syndicaliste, Raymond Splingard. En novembre 1938, ce dernier dirige une grève dure avec Emile Carpentier dans ces deux entreprises. La répression patronale est terrible : de nombreux ouvriers sont licenciés. Cependant, fidèle à ses convictions de gauche, le maire, Ernest Desclève, fait preuve de solidarité en venant en aide aux familles touchées par le chômage (fourniture de vivres, de vêtements et de charbon).
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Outreau, commune ouvrière de 8 000 habitants, se voit de nouveau amputée d’une partie de son territoire. En effet, en avril 1939, Equihen obtient son « indépendance ». Cette volonté émancipatrice des Equihennois s’était manifestée dès 1896. Une pétition insistait sur l’éloignement de la mairie par rapport au hameau, sur les particularismes de leur communauté maritime. Après avoir obtenu une église en 1856 et l’ouverture d’une école congréganiste en 1896, il aura fallu attendre plus de quarante ans pour que Equihen soit érigé en commune.

OUTREAU SOUS LA SECONDE GUERRE MONDIALE
Le 10 mai 1940, l’Allemagne attaque la France : l’aérodrome d’Alprech et le quartier de Manihen sont bombardés. Le 23 mai, Outreau tombe aux mains des Allemands : 23 soldats britanniques sont morts en combattant. Ils sont aujourd’hui inhumés dans le cimetière communal.
La première mesure des autorités allemandes est de déclarer le Nord-Pas-de-Calais zone interdite. Le littoral est classé « zone rouge » : la circulation des individus est réglementée par la délivrance d’ausweis.
Durant ce conflit, la commune va subir plus de 400 bombardements, lesquels vont s’intensifier en 1943 et 1944. Ainsi, en septembre 1943, l’opération Starkey va durement frapper Le Portel, Outreau et Equihen : plus de 500 morts ou disparus, 5 000 points de chute de bombes.
Maire d’Outreau depuis 1925, Ernest Desclève sera arrêté par les Allemands en décembre 1943 pour avoir refusé de fournir une liste de vingt otages suite à un sabotage au dépôt de chemin de fer. Cependant, ce motif sert de prétexte puisque les Allemands le soupçonnaient d’avoir fourni de faux papiers au député socialiste Eugène Thomas qui put ainsi gagner la zone libre dès 1940.
Deux mouvements de résistance se sont organisés dans la ville : le Front national (résistance communiste) autour de Louis Fourrier et Firmin Blondeel qui distribuaient des tracts patriotiques et procédaient à des déraillements ; l’OCM (l’Organisation civile et militaire) avec les frères Delattre dont les missions consistaient à du renseignement (emplacement des batteries, fortifications du Mont Soleil…).
Devant l’imminence du débarquement allié, les autorités allemandes imposent, le 11 février 1944, l’évacuation d’Outreau : la ville fait partie intégrante de la forteresse Boulogne qui doit être âprement défendue sur les ordres d’Hitler. C’est la 3e division d’infanterie canadienne qui va libérer Boulogne et les communes alentours. L’opération Wellhit est lancée le 17 septembre 1944. Le régiment Stormont and Glengarry Higlanders libère Outreau le 22 septembre 1944.
Détruit à 90 % et ayant perdu 188 de ses habitants sous les bombes, Outreau reçoit la Croix de guerre avec étoile d’argent le 11 novembre 1948.
 
RECONSTRUCTION ET RENOUVEAU (1945-1983)
Emile Carpentier est élu maire en mai 1945. La reconstruction est la première priorité de la municipalité : plus de 400 logements provisoires sont édifiés (« demi-lunes », préfabriqués américains de la rue Auguste Comte, de la cité d’urgence…). René Mathou succède à Emile Carpentier, décédé en mai 1948.
En 1953, Raymond Splingard remporte les élections municipales. Outreau est désormais la seconde commune du Boulonnais avec 13 000 habitants. Dès le début de son mandat, Raymond Splingard affirme sa volonté de supprimer les cités provisoires qui représentent 800 logements. Il lance « l’opération Million » qui consiste en l’édification d’un ensemble d’habitations à loyer modéré : en 1958, 288 logements ont été créés dans le quartier de la Tour du Renard. En 1965, à l’issue de son premier mandat, 825 logements ont été attribués et 60 maisons individuelles construites à Outreau.
De grands axes de circulation sont aussi réalisés tels que le boulevard du 8 Mai ou le boulevard des Acacias (actuel boulevard Raymond Splingard). Dans le domaine scolaire, outre l’agrandissement de l’école Paul Bert en 1955, de nouveaux établissements sont inaugurés : une école maternelle à la Tour du Renard et le groupe scolaire Edouard Vaillant en 1961, le collège Albert Camus en 1966.
Le second mandat de Raymond Splingard est marqué par la réalisation de la ZAC du Mont Soleil. Afin de répondre à l’importante demande de logements, les municipalités d’Outreau et le Portel s’associent en 1968 pour créer une Zone d’Aménagement Concertée. Cette ZAC s’étend sur 106 hectares : une zone verte autour du Mont Soleil et une zone d’habitations au voisinage du centre-ville. Des établissements scolaires (collège technique Antonin Clerc en 1975, collège Jean Moulin en 1979), une piscine intercommunale (1975), un foyer restaurant pour personnes âgées (1970) sont également construits.
 
La crise économique met fin aux « Trente Glorieuses ». Outreau va être durement touché avec la fermeture progressive des Aciéries de Paris-Outreau. Le 31 décembre 1977, les hauts-fourneaux de Manihen cessent définitivement leur activité : 165 personnes sont licenciées. En 1978, les APO déposent finalement le bilan suite au « Plan Chassagnon » qui concerne 2 000 ouvriers. Maigre consolation, la fonderie d’acier est reprise par les Fonderies et Aciéries d’Outreau (la FAO), émanation des Aciéries du Manoir. Sur le site d’Outreau-Manihen, 1 050 personnes se retrouvent pourtant au chômage.
L’aménagement de la ZAC du Mont Soleil se poursuit durant le dernier mandat de Raymond Splingard (1977-1983) : 1 197 logements individuels et collectifs en 1981, la crèche Suzanne Lacore (1979), quatre salles de sport, un stade… De plus, un centre culturel et social, le Centre Jacques Brel, ouvre ses portes en 1981. En 1983, après 30 ans de majorat, Raymond Splingard se retire de la scène politique outreloise.

DE LA CRISE A LA RESTRUCTURATION ECONOMIQUE (1983-2002)
Jean-Marie François remporte les élections municipales de mars 1983. D’entrée de jeu, il doit mener une véritable bataille pour l’emploi. La vague de licenciements aux APO a été un premier choc, la fermeture de la SGF en représente un second : les 330 ouvriers sont licenciés. De 1978 à 1985, Outreau a perdu 1 800 emplois.
La municipalité ne baisse pas les bras et créée le CLDO, le Comité local de développement d’Outreau. L’objectif est de reconquérir les friches industrielles des APO et de la SGF. En 1988, les 11 hectares de RESURGAT I comptent 17 entreprises. Sur le plan culturel, le centre Phénix est inauguré en octobre 1988. On y trouve, entre autres, une salle de spectacles et une bibliothèque.
En 1989, Jean-Marie François est reconduit dans ses fonctions de premier magistrat de la commune. Lors de ce second mandat (1989-1995), Outreau va connaître une profonde mutation. La SADEO ( Société d’aménagement et de développement économique d’Outreau) naît en 1988 afin de concrétiser les orientations économiques définies par le CLDO et la ville pour assurer la reconversion industrielle d’Outreau. Les 7 hectares de terrain des anciennes APO sont réaménagés en zone industrielle et commerciale inaugurée le 23 novembre 1990 (RESURGAT II). RESURGAT III (5 hectares) est ensuite aménagé dans le prolongement de RESURGAT II.
Les trois zones économiques de RESURGAT démontrent le savoir-faire de la municipalité dans le domaine de l’aménagement des anciennes friches industrielles. D’autres PME sont implantées à Outreau : la FAPMO depuis 1921, rue Roger Salengro, qui travaille pour la Défense nationale ; Carnaud Metalbox sur le boulevard industriel de la Liane depuis 1959 ; l’hypermarché Leclerc…
L’équipe municipale s’attache aussi à réaménager le centre-ville. Le blockhaus au-dessus duquel trônait le kiosque à musique est dynamité en février 1991. Deux nouvelles résidences sont également érigées : la résidence Europe et ses 120 logements sociaux à l’emplacement de l’ancienne Cité des Fleurs et la résidence de la Sarre (46 logements). En 1993, l’école municipale de musique prend ses quartiers au cœur de la ZAC, rue des Peupliers, dans les anciens bâtiments rénovés des « coopérateurs ». En outre, depuis 1989, la commune est jumelée avec la ville allemande d’Eppelborn.
En 1995, Jean-Marie François est réélu par les Outrelois pour un troisième mandat. Cependant, cette année est marquée par la disparition de Raymond Splingard le 14 juin à l’âge de 83 ans. Afin de lui rendre hommage, le boulevard des Acacias porte désormais son nom
Durant ce mandat (1995-2001), le développement de la commune est pérennisé. En 1999, Outreau a une population de 15 442 habitants. Le maire mène une politique au service de l’humain. Outreau compte en effet une crèche (la crèche Suzanne Lacore ouverte depuis 1978), une maison de la petite enfance (La Ribambelle, 1997) ainsi que sept écoles maternelles, cinq écoles primaires, un collège et un lycée professionnel. Depuis 1985, l’auto-école paramunicipale délivre les permis B et PL 32 Tonnes. L’épicerie sociale EPISOLEIL, la première ouverte dans le département, fonctionne depuis février 1998. Le Centre communal d’action sociale, dont les locaux se trouvent résidence Delacroix, assure de nombreux services tels que la remise des cartes de transport, l’aide au maintien à domicile, etc.
La politique culturelle de la municipalité se caractérise par son aspect volontariste. En novembre 2001, un formidable outil est inauguré afin d’accueillir la centaine d’associations de la commune : la Maison des Associations. La salle polyvalente peut recevoir 180 personnes et sept salles de réunion sont aménagées. 2001 voit aussi le Centre culturel et social Jacques Brel souffler ses vingt bougies. On y trouve un Lieu Ressources, des permanences de la CAF ou de la Mission locale, un atelier petite enfance, un local PMI… Parmi les autres structures municipales à vocation culturelle, on peut citer l’Office municipal de la jeunesse, le Cyberespace, la bibliothèque municipale…
Pour les sportifs, Outreau compte un stade de football avec un terrain synthétique, quatre salles de sport et une piscine, rénovée en 2003. De plus, un dojo a été réalisé. Enfin, le parc du Mont Soleil, lieu de détente et de loisirs à travers 17 hectares, accueille, chaque été, des Rencontres internationales de cerf-volant.
Pour les prochaines années, la politique municipale va s’articuler autour de trois axes : travail, logement et environnement tout en continuant à pérenniser les actions entreprises dans le domaine social.


Bien vivre à Outreau est l'un des buts principaux de la politique de la Municipalité. Ces dernières années, Outreau a bien changé. Des réalisations importantes au point de vue logements ont été harmonieusement réparties. D'énormes projets ont pu être menés : crèche municipale, maison de la petite enfance, épicerie sociale,cyberespace, piscine intercommunale, stade, salles de sport, terrains de football ... Grâce à une forte action culturelle, Outreau peut s'enorgueillir de possèder un centre culturel Phénix qui englobe une salle de spectacle à la capacité de 550 personnes, une médiathèque et des salles de réunion. Elle possède également le centre J. Brel - centre culturel et social - qui offre de nombreuses activités sous forme d'ateliers tels que la couture, gymnastique, GRS, dessin,peinture, photos.... Outreau est très attachée à la qualité de l'enseignement. En effet 7 écoles maternelles, 5 écoles primaires, un collège, un lycée, un IUFM sont implantés sur son territoire. De plus, une école municipale de musique et une école municipale de danse obtiennent de très bons résultats. Enfin Outreau a la chance de possèder un espace vert de 17 hectares : le Mont Soleil. Equipé de jeux, plan d'eau, barbecues, aires de pique nique... En résumé, il fait bon vivre à Outreau
 
Outreau n’est pas une appellation anonyme... Du sommet de son beffroi, aussi loin que porte le regard vers la mer, toute la contrée faisant un promontoire côté gauche de la rivière de la liane pourrait sembler sans curiosité particulière. Les apparences sont souvent bien trompeuses.
Depuis les profondeurs de l’histoire, l’homme a vécu ici, dans la limité très étendue des temps anciens d’un territoire alors idéalisé comme formant “presqu’île” d’où le vocable subsistant “d’Outreau”. Le terme “Montagne” désignait également le Site. Le néolithique, le bronze, le fer, tous ces âges ont laissé des traces fécondes des êtres sédentaires établis en ce lieu, quant à leurs savoir, mode d’existence et croyance. Lieu de très grands passages, la cité porte un nom forgé parmi les racines de l’Histoire. La présence très ancienne de l’homme est attestée par la découverte de silex taillés, sépultures, restes de foyers, dépôts coquilliers, armes de bronze, urnes funéraires, bijoux. L’occupation romaine au début de notre ère, a aussi laissé des traces.
C’est au cours du XIXème siècle que furent mis à jour tous ces vestiges à Chatillon, au Mont des Coupes, à Le Portel, à Alprech, à Ningles, à Equihen, au Moulin de Gravois. Le hameau central de ce vaste territoire, aujourd’hui le Centre de la Cité s’appelait Wabinghem, et en des époques plus anciennes des dérivés de ce mot furent utilisés. Ce “centre” possèdait déjà en 858 une église dédiée à St Quentin. Des moines partis de l’Abbaye de Fontenelle à Caudebec en Caux fuyant devant les Normands avec leurs reliques vinrent jusqu’ici chercher refuge. C’est depuis cette époque que l’église a changé de vocable et fut placée sous l’invocation de Saint Wandrille, leur Saint Patron. Des fondations, des restes d’anciens murs trouvés tout à l’entour du cimetière ont donné à penser que l’église avait été construite au milieu de bâtiments claustraux d’un antique monastère. On peut donc supposer qu’autrefois un édifice beaucoup plus vaste existait en ce lieu englobant une chapelle. Les normands vinrent aussi dans notre région, Charlemagne fit établir sur les côtes des camps de garde de distance en distance. Dans les Chartes de Samer vers 1145 le nom d'Outreau apparaît sous une forme latine ultra aquam, puis dans toutes les variantes relatives aux transformations successives de l'orthographe en prononciation locale comme Outreyawe , oulteawe, outriaue. Une douzaine d'exemples existent, pour aboutir à Outreau.
Lors de la création des baillis ou lieutenants du sénéchal dans le comté de boulogne en 1071, Outreau devient chef lieu de baillage qui étendait sa juridiction sur tout le territoire de cette presqu'île et le hameau d'Haffreingue, jusqu'au règne de Louis XI. Le baillage d'Outreau fut alors réuni à ceux de Boulogne. Wissant, Condefort pour n'être possédé que par un seul titulaire, dont le dernier a cessé d'exercer en 1745. L'ancien domaine de Richenacre qui donnera le nom de renard, ainsi que le Berquen sont déjà cités en 1112. Véritable point stratégique, le Renard était une antique ferme. La célèbre tour selon l'analyse comparative de cartes anciennes, avait été construite ou peut-être reconstruite vers 1856 (point de repère trop évident, elle fut détruite en 39/45 par les allemands) Une longue période de luttes entre la France et l'Angleterre pour la possession de notre région va s'installer. Ainsi de 1544 à 1549, des milliers d'hommes vinrent sur notre sol.Les Anglais occupèrent la Haute ville de boulogne durant cinq années. Pour défendre les environs et préparer la reconquête, les Français construisirent la forteresse ville neuve Montplaisir au sommet de la colline dominant la liane couvrant une superficie de 38600 m2, et ensuite le Fort de chatillon Boulogne fut rendue et la paix signée entre Henri II et Edouard VI d'Angleterre en mars 1550 par le traité de Capécure.
Vers 1580, une ferme considérable va se développer à la salle. Ce domaine sera érigé en vicomté au profit de la famille Monet en 1675 sous Louis XIV par lettres patentes du roi données à Paris. Les terres de la salle, Pont de Briques, Haffreingue et Turbinghen constituaient le fief. Cette vicomté existait encore en 1777 mais très restreinte à l'époque. D'autres manoirs furent construits comme Battinghen vers 1506 (rue des mazurettes), le Noirval, plus récent (allée ronsard) En 1700, Outreau englobait encore Capécure, Le portel, Equihen, Manihen, verte Voie et comptait 672 habitants Notre commune au début de la Révolution avait 260 foyers.
Six moulins faisant farine, richesse de base de nos ancêtres couvraient le territoire en 1790 (4 à vent et 2 à eau au lieu dit Ningles) Sous Napoléon, durant ses projets d'invasion de l'Angleterre, à nouveau des milliers d'hommes vont fouler notre sol pour établir notamment le Camp de gauche entre Le portel et le Mont Soleil sur une ligne allant de l'Ave maria à la salle Le nom de côte de fer donné aux falaises vient de cette époque. Il est justifié par le nombre de canons pointés vers la mer. Cette période aura amené un développement important du port de Boulogne. Sous Louis-Philippe en 1835, Outreau depuis se verra amputée du quartier de Capécure qui sera annexé à Boulogne. Outreau en supportera les consèquences économiques.1832-1849-1854-1892 furent de sombres années pour ce secteur avec les ravages que firent les épidémies de choléra et principalement sur Le Portel. Le Maire d'Outreau figurera parmi les victimes (août 1832).
Sous Napoléon III en 1854 le sol se trouvera encore marqué par l'arrivée de milliers d'hommes venus s'installer cette fois au hameau d'Equihen. Ce camp, comprenant une division, faisait partie du corps expéditionnaire pour la campagne de crimée. Le comte de Mac-Mahon, futur Président de la République fut le Général commandant ce camp. Son épouse mit au monde un fils, déclaré à Outreau au château de la Verte Voie en 1855. En juin 1856, Le Portel réclamant depuis longtemps son indépendance sera séparée d'Outreau pour devenir une commune. Vers le milieu du XIXème siècle avec la venue de l'ère industrielle, Outreau va s'agrandir en population. Le chemin de fer en 1848 puis plus tard en 1857 l'implantation de l'usine de Montataire vont apporter un essor. Le Bourg central de la commune fut occupé pendant des siècles, par une population essentiellement rurale, constituée de propriétaires possèdant manoirs ou fermes, ou de cultivateurs exploitants. Sa position particulière dominant Boulogne, dans son écrin de verdure en faisait un lieu privilégié et recherché par de nombreux notables désirant résider en maison de campagne dans le XIXe siècle.
Outreau qui n'a évolué que lentement durant son passé, va s'agrandir très rapidement au début du XXe siècle avec une reprise industrielle. Le conflit mondial de 14/18 n'y laissera que peu de traces physiques sauf celles gravées sur le marbre où s'étire une trop longue liste et son escorte de peine. En Avril 1939, Equihen sera à son tour distrait d'Outreau pour devenir une commune.
Puis un nouveau vent de folie va souffler amenant avec lui son lugubre cortège de destructions sans précédent dans l'Histoire. Le second conflit mondial aura ses tristes répercussions dans notre cité. Des années de labeur seront anéanties. A nouveau des hommes viendront en grand nombre puis d'autres pour les chasser. Outreau sera occupée. Privations, souffrance, peur ne sont que quelques mots reflétant le quotidien de l'époque. Cette commune subira plus de 400 bombardements, la cité sera détruite à 90 %. Sur 1881 immeubles existants en 1939, 725 furent totalement sinistrés et 1064 partiellement détruits La population civile elle aussi avait bien souffert. 190 habitants furent tués sous les bombardements et 50 grièvement blessés. Les plaies pansées et après déblaiement, tout était à refaire : immeubles, routes, canalisations, eau, gaz, électricité. La population supportera ces épreuves avec tant de calme et dignité que la Croix de guerre 39/45 fut décernée à la ville en juin 1950. L'Histoire d'Outreau depuis son origine sera symbolisée dans ses armoiries adoptées par la Municipalité en mars 1950.

Le blason de la commune

blason
Les armoiries d'Outreau ont été adoptées par le Conseil Municipal du 24 mars 1950. La commune a choisi ce blason pour les raisons suivantes:
o La couronne murale, au sommet du blason, est de règle pour les armoiries d'une ville. o Les deux bandes de gueules en haut, rappellent les armoiries qui se trouvaient sur la ferme de la salle de la Tour du Renard. Ce sont celles des familles qui se sont établies à Outreau au XVIéme siècle. o Le Phenix, oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres et la devise "Résurgat" se relever, symbolise la volonté tenace des outrelois qui, sinistrés au maximun au cours de la dernière guerre, ont mis tout en oeuvre pour rebâtir et aider à la renaissance de leur cité. o L'eau en pointe, est une allusion au nom de notre cité (Ultra aquam : Outre eau). o Le trait noir symbolise les deuils et les foyers détruits. o La croix de guerre a été décernée en raison de la conduite digne d'éloges de notre population durant la guerre 1939/45, pendant laquelle elle subit plus de 400 bombardements.
Outreau tire son nom de sa situation par rapport à Boulogne sur Mer, dont elle est séparée par le bassin de la Liane (Outre l'eau) qui avait, autrefois, une largeur atteignant 800 m. Il faut préciser que, dans le passé, le quartier de Capécure jusqu'en 1835, Le Portel (petit port d'Outreau) jusqu'en 1856 et Equihen jusqu'en 1939, faisaient partie de la communauté d'Outreau.
En ce qui concerne Le Portel, pour l'origine de sa population maritime, il existe deux versions:
1. Un vaisseau de l'Invincible Armada en juillet ou août 1588, s'y serait échoué après la bataille de Dunkerque qui s'est déroulée entre Calais et dunkerque; des survivants se seraient alors installés en ce lieu. 2. Au XI ème siècle, des pêcheurs espagnols et portugais fréquentant la Mer du Nord, s'y seraient réfugiés abandonnant leurs navires naufragés et y seraient restés.
Les deux versions ne sont pas incompatibles. Il a été trouvé sur la plage de Le Portel, il y a quelques années, des pièces à l'effigie de Philippe II d'Espagne et à celle de Jean II du Portugal. Par ailleurs, il est à remarquer le type bien spécial, teint bistré, comportement dans les habitudes et le folklore qu'ont certains des habitants de Le Portel et les noms à consonnance ibérique tels que Ledez, Battez, Wattez, Lobez, Herbez.
Le nom d'Outreau, à l'origine, s'applique donc à l'ensemble du territoire, y compris Capécure, Le Portel, et Equihen.
Le hameau central qui est aujourd'hui le coeur de l'ensemble , s'appelait autrefois Walbodegem, puis Walbogingehem sous le patronage de Saint Quentin, "Ultra Aquam", forme latine, se transformant en Outregrawe, prononciation locale, et enfin Outreau vers 1140 (selon les chartes de Samer promulguées de 1140 à 1145). Le hameau existait déjà en 858 et possédait une égilse dédiée à Saint Quentin.
Les moines de Fontenelles près de Caudebec an Caux, fuyant les invasions des Vikings, s'installèrent à la ferme Turbinghem au début du IX siècle amenant avec eux la chasse de Saint Wandrille.
Le bruit de l'arrivée des corps saints se répandit dans toute la contrée et attira de nombreux pélerins. L'Eglise changea de vocable et fut placée sous l'invocation de Saint Wandrille par la suite.
Par ailleurs, des manuscrits du XIVe siècle signalent qu'un point d'atterissement assez marqué existait devant Boulogne sur lequel fut bâti le pont de pilotis dit d'Outerauwe.
En 1254, pendant la guerre opposant Marguerite, Comtesse de Flandre, à Guillaume, Comte de Hollande, on trouve dans la troupe du Sire de Lisques, un écuyer nommé Tassart d'Outerauwe.
Etabli sur un plateau dominant la mer et qui s'élève, à "La Tour du Renard" jusqu'à une hauteur de 58m, d'accès difficile, le territoire de notre commune est l'un des plus anciens habités par l'homme, dans notre région.
Cette énorme forteresse naturelle devait précisément attirer des indigènes qui pensaient y trouver une sécurité relative. De nombreux vestiges de l'industrie préhistorique y ont été trouvés et le prouvent.