{"id":790,"date":"2020-04-06T18:20:20","date_gmt":"2020-04-06T16:20:20","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/projet_2\/?p=790"},"modified":"2020-04-07T17:25:39","modified_gmt":"2020-04-07T15:25:39","slug":"enquete-a-la-mediatheque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ville-outreau.fr\/mairie\/enquete-a-la-mediatheque\/","title":{"rendered":"9 Nouvelles : Enqu\u00eate \u00e0 la M\u00e9diath\u00e8que"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"790\" class=\"elementor elementor-790 elementor-bc-flex-widget\">\n\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-e87d945 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"e87d945\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-fa6353c\" data-id=\"fa6353c\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3e99b64 elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"3e99b64\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">Enqu\u00eate \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que : 9 nouvelles \u00e0 lire<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-538a233 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"538a233\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-b49ae4e\" data-id=\"b49ae4e\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-938c4f8 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"938c4f8\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>Depuis le mois d\u2019octobre 2018, la M\u00e9diath\u00e8que Municipale d\u2019Outreau propose un atelier d\u2019\u00e9criture anim\u00e9 par Karine Gournay, auteure locale.\u00a0Dans une ambiance conviviale et bienveillante, laissez-vous emporter par l\u2019\u00e9criture et p\u00e9n\u00e9trez les limbes de l\u2019inmagination&#8230;.<\/strong><\/p><p><strong>Et si on prenait la plume ?\u00a0Un atelier d\u2019\u00e9criture c\u2019est un lieu d\u2019invention, un lieu de cr\u00e9ation, un lieu d\u2019\u00e9motion: on rit beaucoup, on s\u2019\u00e9nerve, on s\u2019interroge&#8230;\u00a0Et puis un atelier d\u2019\u00e9criture c\u2019est une rencontre, forte, durable, au cours de laquelle les personnages \u00e9changent et partagent ce qu\u2019elles ont de meilleur : leurs r\u00eaves, leurs d\u00e9sirs, leurs histoires&#8230;\u00a0L\u2019atelier invite \u00e0 explorer des formes et des styles sans pr\u00e9juger du r\u00e9sultat. Il pousse l\u2019imaginaire \u00e0 se r\u00e9v\u00e9ler autrement.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p><p><strong>Vous allez d\u00e9couvrir les\u00a0nouvelles \u00e9crites par nos neuf apprentis \u00e9crivains sur le th\u00e8me commu<\/strong>n \u00ab <b>Enqu\u00eate \u00e0 la M\u00e9diath\u00e8que<\/b>\u00bb.<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-94ffc40 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"94ffc40\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-c49da60\" data-id=\"c49da60\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-d779130 elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"d779130\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">MA CHERE LIBERTE - \n\nCharlyne Anarratone<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-95ef98c elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"95ef98c\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-94f43f1\" data-id=\"94f43f1\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-88654a2 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"88654a2\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p style=\"text-align: left;\"><strong style=\"font-size: 21px;\">Juliette se r\u00e9veille toujours tr\u00e8s t\u00f4t. Elle n\u2019a pas beaucoup de sommeil, tout le temps l\u2019oreille aux aguets. Pour six heures, elle est lev\u00e9e. Depuis peu, elle et\u00a0 on mari, Marc, font chambre \u00e0 part.<\/strong><\/p><p><strong>Sans bruit, elle descend l\u2019escalier, \u00e9vite la marche qui grince, repousse la porte interm\u00e9diaire du couloir et p\u00e9n\u00e8tre dans la cuisine. Pour elle, c\u2019est le meilleur moment de la journ\u00e9e. Elle savoure le calme qui r\u00e8gne dans sa maison, m\u00eame le chien ne bouge pas, endormi devant la chemin\u00e9e. Dans la salle \u00e0 manger et le salon, les rideaux sont tir\u00e9s, rien ne filtre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/strong><\/p><p><strong>Marc a con\u00e7u un syst\u00e8me afin de boucher l\u2019oculus de la porte d\u2019entr\u00e9e. C\u2019est un bricoleur \u00e9m\u00e9rite son mari, limite maniaque. Ainsi, il est certain qu\u2019aucune lumi\u00e8re ne sera visible de la rue pendant la nuit. Il a tout install\u00e9 dans la maison, comme ces barres \u00e0 rideaux encastr\u00e9es dans les murs des fen\u00eatres, c\u2019est beau, c\u2019est net. Mais elle a besoin de son aide pour les d\u00e9crocher afin de les laver et les remettre en place. Rien n\u2019est simple en fait chez elle. Devoir implorer ses services\u2026 Il jubile !<\/strong><\/p><p><strong>Dans cette obscurit\u00e9, se d\u00e9tachent sur le manteau blanc de la chemin\u00e9e, toutes les armes accroch\u00e9es, ses fusils, ses poignards, ses ba\u00efonnettes, d\u00e9mont\u00e9es, huil\u00e9es, graiss\u00e9es, remont\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement. Tous les murs sont occup\u00e9s par ses passions. Juliette, elle n\u2019a le droit qu\u2019\u00e0 quelques assiettes d\u00e9coratives et ses livres dans la biblioth\u00e8que. Ce sont ses seuls tr\u00e9sors. D\u2019ailleurs, la m\u00e9diath\u00e8que d\u2019Outreau, l\u00e0 o\u00f9 elle vit, demeure son unique refuge lorsqu\u2019elle se sent accul\u00e9e.<\/strong><\/p><p><strong>Juliette s\u2019installe \u00e0 sa place pour d\u00e9jeuner dans la cuisine en regardant la pendule. Encore quelques heures de silence. Elle \u00e9coute s\u2019\u00e9grener les minutes, beurrant ses tartines avec la confiture qu\u2019elle a mitonn\u00e9e cet \u00e9t\u00e9 avec les beaux fruits de son jardin. Ce matin, ce sera fraise. Elle n\u2019oublie pas d\u2019aller chercher son journal dans la bo\u00eete aux lettres, en passant par le garage avec mille ruses pour ne pas faire de bruit avec la serrure. Le distributeur passe tr\u00e8s t\u00f4t et m\u00eame le chien, qui le conna\u00eet, n\u2019aboie pas. Tout va bien. Sa chaise l\u2019attend. Juliette mange en regardant les nouvelles, des accidents, des attentats, des enfants maltrait\u00e9s, toujours cette violence qui l\u2019affecte \u00e9norm\u00e9ment. Le chien, bien dress\u00e9 par son ma\u00eetre, arrive silencieusement afin de qu\u00e9mander une petite part de tartine \u00e0 la confiture et repart dans son panier. Puis, elle pr\u00e9pare le petit d\u00e9jeuner de Marc qui se l\u00e8vera plus tard. Il ne prend son service qu\u2019en fin de matin\u00e9e. Sa tasse, un sachet de th\u00e9, des biscottes avec du miel. Il n\u2019aime pas la confiture de fraises.<\/strong><\/p><p><strong>En ce d\u00e9but d\u2019automne, il fait encore tr\u00e8s bon. Elle prend son s\u00e9cateur au milieu des outils de jardinage, toujours nettoy\u00e9s apr\u00e8s emploi et rang\u00e9s en ordre pr\u00e9cis. Alors que le bleu du jour se r\u00e9pand peu \u00e0 peu dehors, elle part voir ses fleurs, ses roses simples, doubles, grimpantes, blanches, rouges, jaunes\u2026 Juliette leur parle, elle les conna\u00eet toutes. Ici, elle taille un buisson, d\u00e9sherbe ses massifs\u2026 Son jardin se d\u00e9roule comme un tableau o\u00f9 s\u2019harmonisent des couleurs chatoyantes. C\u2019est aussi un refuge pour les oiseaux dont elle prend soin. D\u2019ailleurs,\u00a0en f\u00e9vrier c\u2019est souvent un v\u00e9ritable concert qui l\u2019accueille dans son jardin.\u00a0<\/strong><\/p><p><strong>Neuf heures ! Elle pousse un profond soupir et rentre dans la maison toujours silencieuse. Elle prend son s\u00e9cateur et le serre quelques instants dans sa poche. Puis, elle monte le plateau-d\u00e9jeuner de son mari. Elle frappe doucement \u00e0 la porte de la chambre avec la crainte d\u2019avoir mal manipul\u00e9 la poign\u00e9e.<\/strong><\/p><p><strong>Comment va-t-elle \u00eatre re\u00e7ue ? Comme d\u2019habitude en r\u00e2lant, parce qu\u2019il a soi-disant entendudu bruit en bas ? Ou avec ce regard m\u00e9prisant qui la glace toujours autant ? Enfin, elle ressort en catimini et murmure \u201ctu peux te rendormir, tu as tout le temps devant toi maintenant.\u201d\u00a0<\/strong><strong>Une fois redescendue \u00e0 la cuisine, Juliette frotte et astique son s\u00e9cateur et le range \u00e0 sa place.\u00a0<\/strong><strong>Puis, elle sort en claquant la porte de garage derri\u00e8re elle. Alors, elle se met vite en route afin de rendre ses derniers livres emprunt\u00e9s \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que. Elle fera son possible pour para\u00eetre joviale \u00e0 la biblioth\u00e9caire en faisant attention de ne pas trop en faire non plus.<\/strong><\/p><p><strong>Ce matin, elle a lu dans son quotidien, une annonce :<\/strong><\/p><p><strong><i>Ce jour, dernier concert \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Vienne en Autriche. Voyage organis\u00e9 au d\u00e9part de Roissy Charles de Gaulle, 450 euros tout compris (vol, spectacle, h\u00f4tel, petit d\u00e9jeuner). \u00c0 retenir via internet.<\/i><\/strong><\/p><p><strong>Juliette n\u2019a pris aucun bagage. Elle verra bien sur place.<\/strong><\/p><p><strong>Alors que le train de Paris-Gare-du-Nord allait entrer en gare, deux agents de la police, dont l\u2019un deux tenait la photo de Juliette \u00e0 la main, lui demand\u00e8rent avec courtoisie de les suivre.\u00a0<\/strong><strong>De toute fa\u00e7on c\u2019en \u00e9tait fini avec lui.<\/strong><\/p><p><strong>Bizarrement, elle se sentit l\u00e9g\u00e8re et libre.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p><p>\u00a0<\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-ddafeb4 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"ddafeb4\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-8c0b985\" data-id=\"8c0b985\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-a0e6e7c elementor-widget elementor-widget-heading\" data-id=\"a0e6e7c\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"heading.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t<h2 class=\"elementor-heading-title elementor-size-default\">UN AMI SI FIDELE - \nde L\u00e9o Fortuni<\/h2>\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-d3c4958 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"d3c4958\" data-element_type=\"section\" data-e-type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-62d770a\" data-id=\"62d770a\" data-element_type=\"column\" data-e-type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-849d4ef elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"849d4ef\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>Les gyrophares des ambulances et de la police \u00e9clairaient la m\u00e9diath\u00e8que. Un vent froid et glacial ne semblait pas perturber la foule de badauds attroup\u00e9e. En \u00e9tat de choc, Sarah vit passer le brancard qui emportait le corps de St\u00e9phanie. Un policier s\u2019approcha d\u2019elle et lui demanda :<\/strong><\/p><p><strong>&#8211; Pouvez-vous me dire ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 ?<\/strong><\/p><p><strong>Abasourdie, Sarah leva la t\u00eate et regarda l\u2019agent. Tout se bousculait en elle. Elle voulait oublier ce cauchemar. Elle pencha la t\u00eate, souffla et d\u00e9cida de tout lui raconter. Ce soir-l\u00e0, elle devait aller au cin\u00e9ma avec son amie St\u00e9phanie. Elle arriva peu avant la fermeture. Elles parl\u00e8rent de choses et d\u2019autres. St\u00e9phanie lui demanda de l\u2019attendre devant l\u2019entr\u00e9e le temps de fermer la biblioth\u00e8que. Sarah compta les minutes qui d\u00e9filaient mais toujours pas de St\u00e9phanie. Un peu agac\u00e9e de patienter, elle d\u00e9cida de voir ce qu\u2019elle faisait.<\/strong><\/p><p><strong>Arriv\u00e9e pr\u00e8s du bureau, elle la d\u00e9couvrit. Son corps gisait dans une mare de sang au pied de l\u2019escalier. Elle se pr\u00e9cipita vers elle. Son regard \u00e9tait vitreux. Sarah fouilla dans son sac pour trouver son portable. C\u2019est alors qu\u2019elle entendit un bruit derri\u00e8re elle et fut plong\u00e9e dans l\u2019obscurit\u00e9. Elle se tourna et vit un homme bondir vers elle. Un furtif rayon de lune fit \u00e9tinceler la lame d\u2019un couteau. Sans r\u00e9fl\u00e9chir, elle se pr\u00e9cipita vers l\u2019escalier. Elle sentit une main arracher son sac qui heurta la baie vitr\u00e9e. Elle escalada alors quatre \u00e0 quatre les escaliers tandis qu\u2019elle percevait le pas lourd de son agresseur derri\u00e8re elle. La moindre chute pouvait lui \u00eatre fatale. Arriv\u00e9e en haut, elle fit tomber une \u00e9tag\u00e8re qui esp\u00e9ra t-elle, freinerait sa course. Les DVD heurt\u00e8rent le sol. Toutefois, cela n\u2019eut pas l\u2019effet escompt\u00e9. Il enjamba l\u2019obstacle avec adresse. Le souffle court, Sarah traversa la passerelle et aper\u00e7ut la porte de l\u2019atelier de papercraft. Vite! Elle esp\u00e9rait s\u2019y enfermer. Les scalpels seraient un bien pi\u00e8tre secours face \u00e0 l\u2019\u00e9norme lame du couteau, mais, suffisants pour lui faire mal. Elle se rua sur la poign\u00e9e. Horreur ! La salle \u00e9tait ferm\u00e9e.<\/strong><\/p><p><strong>Sans r\u00e9fl\u00e9chir, elle bondit sur une autre porte et se trouva dans la section jeunesse. Elle entendait les pas de son agresseur frapper lourdement le sol. Elle savait qu\u2019elle devait prendre un maximum d\u2019avance sur lui et surtout ne pas se retourner. \u00c0 travers la verri\u00e8re, la faible lumi\u00e8re des r\u00e9verb\u00e8res \u00e9clairait les rayonnages. En nage, le coeur battant, elle d\u00e9vala les marches. Il \u00e9tait juste derri\u00e8re elle. Elle pouvait presque entendre sa respiration. Elle avait dans ce lieu tellement de bons souvenirs avec sa fille comme chercher les livres, parler avec Pauline, la biblioth\u00e9caire, assister aux ateliers de lecture le mercredi. Bref, elle ne pouvait pas mourir l\u00e0, pas aujourd\u2019hui.<\/strong><\/p><p><strong>En bas de l\u2019escalier, un geste rapide de son assaillant fit siffler l\u2019air. Sarah poussa un cri de douleur. La lame lui avait entaill\u00e9 le haut du bras. Terroris\u00e9e, elle acc\u00e9l\u00e9ra le pas, vit un gros livre sur le bureau, le saisit, virevolta et lui balan\u00e7a au visage. Cela eut l\u2019air de le surprendre.<\/strong><\/p><p><strong>Il chancela un instant avant de reprendre sa course. L\u2019espace d\u2019une minute, Sarah constata qu\u2019il \u00e9tait assez grand et portait un chapeau, ainsi qu\u2019un long manteau noir du style que portaient les officiers de la Gestapo.<\/strong><\/p><p><strong>Dans le hall d\u2019entr\u00e9e, rapidement elle tenta d\u2019analyser la situation. Sortir vers la porte d\u2019entr\u00e9e ne servait \u00e0 rien car la coupure d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 l\u2019avait certainement bloqu\u00e9e. Elle sera alors faite comme un rat. \u00c0 droite, la salle de spectacle \u00e9tait ferm\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur. Elle ne vit qu\u2019une seule issue, l\u2019escalier qui menait au balcon. Elle s\u2019y engouffra comme une furie. Quand la main de l\u2019homme effleura son pied. Elle poussa un cri. Une seconde de plus et son compte \u00e9tait bon. Paniqu\u00e9e, elle escalada les marches, poussa la porte et se retrouva sur le balcon. Les t\u00e9n\u00e8bres l\u2019envelopp\u00e8rent. Elle peina \u00e0 distinguer la salle technique. S\u2019y cacher? Et elle devenait une proie facile. Sarah avan\u00e7a \u00e0 contrecoeur. Des pas s\u2019arr\u00eat\u00e8rent derri\u00e8re elle. Elle l\u2019entrevit dans l\u2019encadrement de la porte.<\/strong><\/p><p><strong>L\u00e0, massif, le visage l\u00e9g\u00e8rement \u00e9clair\u00e9 par la sortie de secours, il semblait la jauger. Il souriait m\u00eame et devait certainement savourer son plaisir de la tenir enfin. Le coeur battant, la respiration haletante, elle heurta la rambarde. Aucune \u00e9chappatoire. Elle sentait la fin venir. Ne pas mourir aujourd\u2019hui. Il avan\u00e7a d\u2019une fa\u00e7on indolente vers elle. Il ne lui servait \u00e0 rien d\u2019hurler, elle \u00e9tait trop \u00e9loign\u00e9e de la rue. Personne ne l\u2019entendrait. Elle le devina, il approchait\u2026<\/strong><\/p><p><strong>Mue par un instinct de survie, sans r\u00e9fl\u00e9chir, elle enjamba le balcon et sauta dans l\u2019ab\u00eeme. Son agresseur eut l\u2019air surpris. Il se pr\u00e9cipita vers elle. Il \u00e9tait apparemment trop tard. Dans sa chute, elle esp\u00e9ra ne pas s\u2019\u00e9craser sur les fauteuils. Elle heurta lourdement le sol. Une violente douleur se fit sentir \u00e0 la cheville. Sonn\u00e9e, elle le regarda qui se penchait sur le bacon et allumait une lampe torche. Un rayon l\u2019aveugla.<\/strong><\/p><p><strong>Puis, il disparut. De longues minutes s\u2019\u00e9coul\u00e8rent mais Sarah savait qu\u2019il allait revenir. Sa cheville lui faisait horriblement mal. Elle rampa dans le noir et chercha \u00e0 t\u00e2tons les rang\u00e9es. Tout \u00e0 coup, la salle s\u2019illumina. La poign\u00e9e de la porte fut secou\u00e9e avec sauvagerie. Alors il frappa violemment contre celle-ci. Il cherchait \u00e0 la d\u00e9foncer. Sarah puisa dans ses derni\u00e8res forces pour avancer le plus rapidement possible. Pourvu que la porte tienne, car les heurts devenaient de plus en plus puissants.<\/strong><\/p><p><strong>Paniqu\u00e9e, elle remonta l\u2019all\u00e9e. La porte des coulisses \u00e9taient \u00e0 quelques m\u00e8tres. Elle e\u00fbt juste le temps de s\u2019y engager quand la porte c\u00e9da. Elle l\u2019entendait marcher dans les ailes successives. Il allait vite.<\/strong><\/p><p><strong>Au loin, Sarah, aper\u00e7ut la sortie de secours. Avec un peu de chance, elle sortirait et quelqu\u2019un l\u2019entendrait hurler \u00e0 l\u2019aide. Elle rampait p\u00e9niblement car sa douleur \u00e0 la cheville entravait sa progression. Elle \u00e9tait en sueur. Chaque m\u00e8tre franchi \u00e9tait une torture. Quand la porte des coulisses claqua. Il arrivait. Elle n\u2019aurait jamais le temps d\u2019y parvenir.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p><p><strong>Soudain il l\u2019attrapa par le dos, la souleva et la claqua brutalement contre le mur. Un instant, elle discerna un marteau pr\u00e8s de l\u2019armoire technique. Dans un r\u00e9flexe, elle le saisit, se retourna et lui ass\u00e9na un coup violent. Son visage se figea, du sang ruissela du haut de son cr\u00e2ne, il tomba \u00e0 la renverse.<\/strong><\/p><p><strong>Le policier prit les derni\u00e8res notes. Deux pompiers vinrent la chercher.<\/strong><\/p><p><strong>Assise sur le sable, Sarah regardait les mouettes voler. Les doux rayons d\u2019un soleil d\u2019automne r\u00e9chauffaient son visage. Elle entendait les lions de mer aboyer au loin. L\u2019inspecteur vint s\u2019asseoir pr\u00e8s d\u2019elle. Apr\u00e8s avoir pris de ses nouvelles, il lui expliqua que son agresseur s\u2019appelait Quentin Morin. Quentin Morin&#8230; Elle le connaissait. Il \u00e9tait dans sa classe en terminale. Il \u00e9tait amoureux d\u2019elle. Elle le trouvait sympa, mais, elle avait toujours gentiment refus\u00e9 ses avances. Les policiers avaient d\u00e9couvert chez lui des centaines de photos d\u2019elle \u00e0 diff\u00e9rentes p\u00e9riodes de sa vie. \u00c0 partir de son ordinateur, ils s\u2019\u00e9taient rendu compte que Quentin avait suivi la jeune femme depuis le lyc\u00e9e. Il \u00e9liminait tous ceux qui s\u2019int\u00e9ressaient \u00e0 elle. S\u00e9bastien, son copain de fac, retrouv\u00e9 mort en bas d\u2019un pont. La police avait conclu \u00e0 un suicide, m\u00eame s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9pressif. Laurent, \u00e9trangl\u00e9 chez lui. L\u2019affaire avait \u00e9t\u00e9 class\u00e9e sans suite faute de<\/strong><\/p><p><strong>coupable. Puis r\u00e9cemment, son mari qui avait eu un accident de moto. Une voiture l\u2019avait fauch\u00e9 et avait pris la fuite. Un mois d\u2019h\u00f4pital et une longue r\u00e9\u00e9ducation. Tout s\u2019expliquait maintenant. Elle chercha \u00e0 cacher ses larmes.<\/strong><\/p><p><strong>Les dix ann\u00e9es durant lesquelles elle avait \u00e9t\u00e9 tranquille, \u00e9taient celles pass\u00e9es en Irlande o\u00f9 elle avait rencontr\u00e9 son mari. Quentin quant \u00e0 lui, avait certainement cherch\u00e9 \u00e0 la retrouver et avait mis un peu plus de temps que pr\u00e9vu.<\/strong><\/p><p><strong>Quentin Morin, elle l\u2019avait vu comme un bon copain, gentil, serviable. Un ami si fid\u00e8le\u2026<\/strong><\/p><p><strong><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p><p><strong><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les nouvelles produites par l&rsquo;atelier d&rsquo;\u00e9criture Karine Gournay, \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que municipale 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